09 mai 2007 ~ 10 Commentaires

Le fort de la Malmaison (02-Aisne)

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Panneau - fort de la Malmaison
(Photographie prise en avril 2007)

La porte du Chemin des Dames

La mission du fort de la Malmaison est d’arrêter l’ennemi venant de l’Est par le « Chemin des Dames » et de protéger la route Paris-Maubeuge entre Soissons et Laon. Il contrôle le couloir d’invasion que forme la vallée de l’Ailette. Cette Position est hautement stratégique car « qui tient le fort de la Malmaison tient la porte Ouest du Chemin des Dames. »

La cour de la caserne
(Photographie prise en avril 2007)
La cour de la caserne du fort.

Des canons et des Hommes

Le fort de la Malmaison pouvait abriter 804 hommes. En 1886, il était armé de 37 canons. Le plus gros canon tirait des obus de 40 kg à une distance de 9 km. Les réserves de vivres et de munitions étaient prévues pour soutenir six mois de siège, et les fours de la boulangerie permettaient de cuire 600 rations de pain chaque jour. L’approvisionnement en eau était assuré par deux puits et une citerne. Chauffées, éclairées et ventilées, les chambrées étaient équipées de lits superposés à 4 places pour 28 ou 60 hommes.

canon de 155 mm
(Photographie prise en avril 2007)
Canon de 155 MM long, modèle 1877, le fort en possédait cinq.

Une caserne retranchée

Le schéma général de construction des forts Séré de Rivières est adopté en 1874. Ces forts, de forme polygonale, protègent partiellement les troupes des bombardements. Construit de 1878 à 1882, le fort de la Malmaison forme un rectangle de 270 mètres sur 240. Deux caponnières doubles assurent la défense rapprochée du fossé, tandis que l’artillerie de longue portée prend place sur les plates-formes du rempart, à l’air libre. La caserne, placée au centre du fort, est protégée par un massif de 5 à 8 mètres de terre. Des traverses permettent de circuler à couvert et des abris sont aménagés dans l’épaisseur du rempart. Toutes les maçonneries sont en moellons calcaires extraits des carrières proches : les voûtes, épaisses de 80 centimètres, sont recouvertes d’une chape de ciment, d’une couche de pierres sèches et de 3 mètres de terre.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir !
Plan du fort de la Malmaison
(Photographie prise en avril 2007)

Les expériences de 1886

Quatre ans seulement après sa construction, le fort de la Malmaison sert de terrain d’expérience pour tester de nouveaux explosifs à base d’acide picrique fondu (la « mélinite »).

En 1886, la direction du Génie décide de tester les nouveaux projectiles et explosifs sur le fort; durant trois mois, une batterie de tir installée à 300 mètres au sud du Chemin des Dames tire la bagatelle de 171 obus de tous calibres. Atterés, les observateurs recensent les multiples dégâts : voûtes effondrées, traverses fissurées, façades éventrées, blindages ruinés… Les nouveaux obus creusent des entonnoirs de 6 mètres de diamètre dans les massifs de terre; ils parviennent même à atteindre les façades de la caserne, et à défoncer la voûte d’un magasin à poudre, tandis que l’escarpe du rempart est disloquée par les pétards de mélinite.

A la suite des expériences de 1886, militaires et parlementaires concluent à la faillite générale du système de fortification. Après d’autres expériences, on trouve le moyen d’améliorer la résistance des forts aux nouveaux explosifs en renforçant les maçonneries avec du béton armé. Mais ces travaux coûteux ne sont mis en oeuvre que sur quelques places de première ligne, l’essentiel ces crédits étant affecté à la modernisation de l’armement des armées de campagne. Le fort de la Malmaison sert à nouveau de terrain d’exercice en 1894. Fortement endommagé, il est déclassé en 1912, mis en vente et partiellement démoli.

1914 : l’ironie du destin

En 1914, les forts de deuxième ligne sont désarmés et sans garnison : les troupes françaises les délaissent rapidement, faute de pouvoir les utiliser comme position d’arrêt. Les Allemands investissent sans coup férir les forts de Condé-sur-Aisne, de Montbérault et de la Malmaison, et utilisent au mieux ces positions fortifiées pour briser la contre-offensive après la bataille de la Marne. Le front s’installe sur le Chemin des Dames pour quatre longues années, durant lesquelles les Alliés tenteront de reprendre ces forts construits trente ans plus tôt pour arrêter l’invasion, et désarmés avant même d’avoir connu le feu.

La cour de la caserne après l'offensive de 1917
(Photographie prise en avril 2007)
La cour de la caserne du fort après les bombardements de l’offensive du 23 octobre 1917.

1917 : la revanche

Le 23 octobre 1917, à 5 h 15 du matin, les 554 hommes du 4e régiment de zouaves s’élancent à l’assaut du fort de la Malmaison. Cette offensive a été préparée durant trois mois, sur le terrain et à l’aide de photographies aériennes. Elle est précédée d’une intense préparation d’artillerie : le fort, qui a reçu en deux jours plus de 800 obus de gros calibre, n’est plus qu’un chaos de ruines imposantes. A 6 heures, les zouaves y plantent leur fanion tricolore : le fort est repris. Les Allemands se replient au Nord de l’Ailette.

Soldats français sur l'observatoire en béton du fort
(Photographie prise en avril 2007)
Soldats Français sur l’observatoire en béton construit par les Allemands dans le fort.

1918 : le grand chassé-croissé

Le 27 mai 1918, il faut moins de trois heures à la VIIe armée allemande pour reprendre le fort de la Malmaison et franchir le Chemin des Dames. Ses défenseurs n’ont pas pu résister à cette offensive surprise qui porte les Allemands jusqu’à Château-Thierry.

Quatre mois plus tard, les Alliés sont à nouveau au pied du Chemin des Dames, le 28 septembre 1918, à 11 h 30, une patrouille du 25e bataillon de chasseurs alpins français réussit à s’emparer du fort. Dans les jours qui suivent, les Allemands quittent définitivement la vallée de l’Ailette.

Source :
Informations recueillies sur les panneaux touristiques mis à la disposition des visiteurs à l’entrée du fort de la Malmaison. 

Pas de visite libre du fort.
(Photographie prise en avril 2007)

Le fort de la Malmaison est malheureusement interdit aux visiteurs, il est situé à l’extrémité nord du cimetière miltaire allemand de la seconde guerre mondiale de la Malmaison. (Le site est clairement indiqué sur toute les cartes routières ou touristiques)

10 Réponses à “Le fort de la Malmaison (02-Aisne)”

  1. Christian GERMAIN-GORLIER 18 novembre 2007 à 11:54

    Bonjour,
    suis à la recherche de toutes informations concernant
    Jean-jacques Xavier GORLIER, sergent à la 21e compagnie du 8e régiment de Tirailleurs Indigènes, mort à 500m à l’ouest du Fort de
    la Malmaison, lors de l’attaque du 23 octobre 1917 à 06:00h du matin.
    Merci

  2. mon grand pere ,joseph pellissier ,a participé a l’attaque du 23 octobre 1917 sur le chemin des dames pres du fort de la malmaison (67 eme division,288eme R.I).
    Il a été cité a l’ordre du regiment suite a une action courageuse de transmission d’informations sous les bombardements le 23 octobre.
    Je pourrais peut etre rechercher plus mais je ne pense pas que ce soit le but de votre demande.

  3. Votre site m’a encore plus donné l’envie de visiter ce lieu empreint d’histoire. Afin de promouvoir votre site fort intéressant, je me suis permise de vous référencer sur la communauté de voyageurs nommé Trivago. J’ai crée il y a peu le fort de malmaison, trop peu connu des touristes et qui mérite selon tous les avis le détour. Bonne continuation à vous. Cordialement.

  4. J’avais oublié de vous indiquer le lien ;)

  5. Comment savoir si le corps de mon grand oncle Maurice HUMEL mort pour la France le 5 juin 1940 à Pargny-Filain (alors âgé de 25 ans) a enfin une sépulture (par exemple au cimetère du Soupir 2 ?). A l’époque il a été dit à sa famille que son corps avait été enseveli sous la gadoue du champ de bataille.
    Merci pour votre aide. Cordialement

  6. le grand oncle de ma femme DELBREIL justin victor origine du lot mitrailleur, est tué à l’ennemie le 26 octobre 1917, affectation 6°A maistre 21° CA DEGOUTTE 43è division de michel camille , régiment d’infanterie de justin 158è, depuis des recoupements,je voudrai savoir ou il à disparu, le 26 octobre1917,c’est à dire la royère. ily a deux autres endroit ( filain , moulin didier que je ne trouve pas sur carte, pouvez vous me donner des renseignements , j’ai trouvé ou est sa sépulture (VAUXBUIN) ,paradoxe de ma recherche, je suis originaire de laon, et mes parents habitent MONAMPTEUIL!

  7. Bonjour,
    J’ai récemment retrouvé plusieurs documents (photos, certificats…) ayant appartenus à mon grand-père (4è zouaves)et concernant l’assaut du fort de malmaison en Octobre 17. Dites moi si des scans de ces documents peuvent vous être d’une quelconque utilité.
    Bien cordialement.

  8. Chaigne jean michel 17 mai 2015 à 18:10

    Mon arrière grand père ( Chaigne Théophile ) est mort au combat proche du fort de Malmaison le 25 Octobre 1918 . Serait il possible d’avoir de la documentation, des explications sur cette bataille car j’ai beau chercher je ne trouve pas !
    Merci d’avance

  9. Le capitaine Marcel Mouillet est décédé le 24 octobre 1917 à La Malmaison.
    Comment est-il possible d’en connaître davantage que la fiche en ligne ?
    Merci.

  10. Pour répondre à Christian GERMAIN-GORLIER : j’étais sur le lieu indiqué approximativement lorsqu’ont été exhumés 3 corps de soldats du 8e RTI. S’il est encore temps, je peux donner des renseignements.
    Pour Chaigne jean michel, Robin… : pour plus de détails sur la bataille de la Malmaison contacter l’association CHAV 02000 Chavignon.


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